Le sort des comptes courants d’associés en cas de procédure collective de la société

Etienne CHEVALIER - Avocat du droit immobilierParEtienne CHEVALIER - Avocat du droit immobilier

Le sort des comptes courants d’associés en cas de procédure collective de la société

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Quelle réaction le titulaire d’un compte courant d’associé doit-il adopter lorsque la société est en procédure collective ? Peut-il obtenir le remboursement de son compte courant alors même que le droit des procédures collectives interdit les paiements ? Que se passe t-il lorsque l’associé obtient le remboursement de son compte courant et que par la suite la société bénéficie d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire ?

Lorsque la société fait face à des difficultés, mais n’est pas encore en procédure collective, elle ne peut pas s’opposer à la demande de remboursement de son compte courant par un associé.

Toutefois, si le paiement de la créance de compte courant intervient durant la période suspecte (période s’étalant de la date de cessation des paiements au jugement ouvrant ou prononçant la procédure collective), ce paiement est susceptible d’être annulé si le titulaire du compte remboursé avait connaissance de l’état de cessation des paiements.

Pire, l’associé ainsi remboursé (surtout lorsqu’il est dirigeant) peut voir sa responsabilité engagée pour détournement d’actifs (délit pénal de banqueroute), responsabilité pour insuffisance d’actifs, interdiction de gérer ou faillite personnelle (délits civils)…

Lorsqu’une procédure collective s’ouvre, l’associé ne peut valablement se faire rembourser son compte courant d’associé. L’associé titulaire d’un compte courant d’associé doit déclarer sa créance à la procédure collective pour avoir une chance d’être remboursé.

L’associé titulaire d’un compte courant peut parfois être à l’initiative de l’ouverture de la procédure collective de la société. S’agissant d’un créancier comme les autres, et nonobstant sa qualité d’associé, il peut attraire la société en redressement ou en liquidation judiciaire.

Observation : En revanche, seul le débiteur peut demander à bénéficier d’une procédure de prévention de ses difficultés (mandat ad hoc et conciliation) ou d’une procédure de sauvegarde.

Dès qu’il a connaissance de l’ouverture de la procédure collective, l’associé qui souhaite obtenir le remboursement de son compte courant doit déclarer sa créance (solde du compte courant) à la procédure.

Cette déclaration doit être réalisée selon les prescriptions légales prévues en matière de déclaration de créance. L’associé titulaire d’un compte courant ne doit donc pas oublier de mentionner les sûretés susceptibles d’être attachées à sa créance de compte courant.

Ex : la créance résultant d’un compte courant alimenté par des salaires devrait en principe bénéficier de l’AGS (super privilèges des salaires, qui signifie que les salaires sont remboursés avant les autres créances).

Cette déclaration de créance va donc permettre au titulaire du compte de prendre rang, et par suite lui permettre (potentiellement) d’être remboursé dans le cadre du plan de sauvegarde, de redressement judiciaire, ou à l’issue de la procédure de liquidation judiciaire.

Les associés qui ont décidé d’assurer le financement de la société par des avances en compte courant, alors même que cette dernière était en procédure collective, bénéficient d’un régime privilégié :

  • L’avance en compte courant doit être remboursée à son échéance (si une échéance a été prévue, et à défaut à tout moment durant la période d’observation).
  • Lorsque la créance n’a pas été payée à son échéance, elle bénéficie d’un privilège.

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À propos de l’auteur

Etienne CHEVALIER - Avocat du droit immobilier

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Je conseille des professionnels de l'immobilier dans le cadre d'acquisition et de cession d'immeubles. J'accompagne également des clients particuliers désireux de se consister un patrimoine solide, générateur de revenus réguliers grâce à des investissements ciblant des immeubles de rapport ou des supports destinés à être mis en valeur et exploités. Mon goût personnel et ma formation professionnelle m'ont conduit à développer une compétence particulière en matière de résolution amiable de situations litigieuses ou conflictuelles. J'interviens régulièrement à l'occasion de conflits entre associés ou entre indivisaires. Mes clients apprécient mon sens de l'organisation, mon implication dans les dossiers et la création d'une relation construite sur la confiance.